Afterwork MOOC : parlons intelligence artificielle

Afterwork MOOC : parlons intelligence artificielle

Cécile Dejoux parlera intelligence artificielle à l'occasion d'un afterwork le 15 novembre organisé par l'équipe My Mooc  au bar Le Trader's à Paris.  

Thème de la soirée : l'intelligence artificielle mais aussi les bots dans la formation en ligne.  

INTERVIEW de personnalité

INTERVIEW de personnalité

LIRE L'INTERVIEW SUR LE BLOG DE CELINE HELLER

http://empowhering.blogspot.fr/

Qui es-tu / êtes-vous?

Je me définirai comme une humaniste, qui veut « Faire » et « Réfléchir » avec les autres sur comment construire un monde positif et libre.

Professeur des universités au Cnam et Professeur affiliée à l’ESCP Europe, je suis enseignant-chercheur et conférencière en entreprise sur « Manager et former à l’ère du numérique ».

En 2015, j’ai co-fondé et dirige aujourd’hui une chaire d’entreprises, le Learning Lab Human Change, hébergée au sein de la Fondation du Cnam, qui accompagne les organisations dans la transformation numérique des RH et du management en mettant l’Humain au centre. Autrement, je dirige, au niveau national, la filière RH du Cnam.

Passionnée d’innovations pédagogiques, depuis 4 ans, je transforme chaque année, le MOOC « du manager au leader » (plus de 140 000 inscrits dans 48 pays) pour présenter les tendances managériales et les compétences stratégiques. Cette année, en plus des fondamentaux, nous avons lancé le thème de « Manager avec le Design Thinking » ou « Comment innover collaborativement aves ses collaborateurs ? ».

Pour lire mes articles, mes recherches ou visionner mes vidéos, vous pouvez vous inscrire à la newsletter sur http://ceciledejoux.com

D’où viens-tu et où en es-tu actuellement?

Je viens du Sud de la France et j’ai beaucoup voyagé …

Aujourd’hui, je travaille sur les nouvelles tendances du Management et des RH dans notre nouvelle civilisation …

Plus précisément, je suis sur un projet de livre, de conférences en entreprises, la création d’un nouveau parcours de formation en blended learning au Cnam, le nouveau thème du Mooc «  Du manager au leader »  pour 2018, et les magnifiques projets du Lab suite au Hackathon RH « Hackhons les process RH «  réalisé en mars 2017

Et la création d’un nouveau Mooc !

Comment te considères-tu en 3 mots?

Empathique, créative, passionnée

Quel serait un jour “normal” dans ta vie?

Impossible de répondre, je n’ai pas de routine et je les fuis

Mais chaque jour, j’essaie d’avoir une discipline personnelle : sport (minimum 30 minutes), apprendre quelque chose (que je note dans mon cahier), rencontrer de nouvelles personnes ( ou en connecter plusieurs ensemble) et faire un what s up à mes amis ou proches

Quelle expérience considères-tu comme la plus impactante dans ta carrière aujourd’hui?

Le jour où j’ai soutenu ma thèse et j’ai compris que j’avais la chance de faire un métier que j’allais aimer.

Etre enseignant-chercheur, c’est d’abord apprendre, créer de la connaissance et monter plein de projets dans tous les domaines avec les élèves, les entreprises, l’administration, l’international, des scientifiques, etc… C’est un métier de passion et de rencontres
En fait, on vit en mode start up tout le temps car les projets sont réalisés en open innovation par des petites équipes avec des personnes qui viennent de l’université et surtout de l’extérieur. On n’a pas de budget spécifique, donc on est dans un esprit de frugalité ou de recherche de fonds. On ne peut réussir que si on rassemble des compétences multi—disciplinaires. Notre rôle est de réfléchir sur les compétences de demain et les formations de demain. On est bel et bien en mode agile, prospectif, créatif …. Bref des «  start up du savoir »

Que ferais-tu différemment maintenant qu’il y a plusieurs années?

 Je ne sais pas …

Quel conseil partagerais-tu avec les jeunes?

L’important dans la vie, c’est de prendre des décisions en se fiant à la fois à un bon raisonnement et à son intuition. Prendre des conseils permet d’affiner son jugement et d’avoir de nouveaux arguments. Le pire, c’est de laisser les autres, décider pour soi. Alors, savoir décider, c’est aussi apprendre à mieux se connaître et ça c’est le chemin d’une vie !

Comment priorises-tu les choses/tâches dans ta vie quotidienne?

J’ai 3 principes d’organisation :

D’abord, le principe séquentiel : c ‘est à dire, le temps, du plaisir d’écrire, le temps du mail, le temps du tel, le temps des réunions (que j’évite à tout prix), le temps des synthèses, le temps de réflexion, le temps de création etc…

Puis, le principe de respiration : c’est à dire que j’alterne une tâche travail (qui demande concentration, effort, choix etc.) , une tâche perso (un sms, un coup de fil, une discussion café, regarder le ciel et les gens,  …)

Enfin, le principe du rythme : pour chaque action anticipée, je me donne un timing au moment où je la fais et toujours un quart d’heure de plus, pour n’avoir aucun stress.

Quelles sont tes facteurs clés de motivation?

Les supers messages positifs que je reçois pas tweets, mails, etc. de personne que je ne connais pas

De manière générale, es-tu satisfait(e) de ta performance personnelle et/ou professionnelle aujourd’hui? 

Je n’ai jamais été dans une logique de performance mais plus de découverte, j’aime me surprendre et construire.

J’ai des femmes qui sont des modèles pour moi et qui m’inspirent car elles sont plus âgées et sont l’exemple de la réussite, à mes yeux. Elles développent les relations avec les autres, leurs esprits, leur cœur et leur corps. Leur point commun : donner

D’après toi, quels sont les éléments clés pour finaliser des projets avec succès (d’un point de vue personnel et professionnel)? 

La passion, l’équipe, l’organisation et la certitude d’aboutir

Comment gères-tu ton environnement personnel au vu de ton succès professionnel?

Pour moi famille et amis sont essentiels, j’adore organiser des fêtes ou des moments improvisés, des surprises

Une femme doit être kaléiscopique, sa force c’est de se transformer à tout moment en s’adaptant aux autres

En fonction du rôle, j’adore changer de look !

Par exemple, si je suis maman, je mets mon tablier et je fais un gateau,

Si je fais un Mooc, je mets un foulard !

Penses-tu que l’impact des femmes ait changé au cours des dernières années

Les femmes sont essentielles à l’équilibre de notre société et comme je l’ai écrit dans un article, dans l’Opinion, les valeurs de la civilisation numérique sont féminines (créativité, collaboration, entraide etc) https://www.ceciledejoux.com/s/17-art-opinion-femme.pdf

Je constate peu d’amélioration de la place des femmes dans le monde du travail en 30 ans et pire, je trouve, qu’au niveau mondial, il y a une régression des libertés des femmes avec par exemple des pays occidents qui remettent en cause la liberté d’avortement !

D’après toi, quel est l’élément clé sur lequel les femmes devraient se concentrer actuellement?

Nous raisonnons trop avant de nous lancer !

Oser et penser à penser à l’anglo-saxonne : d’abord on fait et si on se trompe on dit «  I am so sorry ! »

INTERVIEW : recruter ou développer les talents ?

INTERVIEW : recruter ou développer les talents ?

Toutes les écoles et universités semblent être "à la recherche des talents de demain". Derrière la formule marketing, que cache la notion de "talent" ? Professeur des universités au Cnam, professeur affilié à l'ESCP Europe, Cécile Dejoux est co-auteure de "La Gestion des Talents". Entretien, en amont de la conférence EducPros du 11 mai 2017, consacrée au sujet.

Comment définir un talent ?

C'est "une combinaison rare de compétences rares". La phrase est de Maurice Thévenet, professeur au Cnam et à l'Essec, avec qui j'ai écrit "La Gestion des talents", et je la partage pleinement. Nous avons tous des compétences (improviser, être synthétique, calculer rapidement, etc.) mais il y a ceux qui savent, d'une part les faire émerger, et d'autre part trouver la bonne alchimie entre ces compétences. Ce sont eux, les talents.

LIRE AUSSI

Écoles d'ingénieurs : les "soft skills" montent en puissance25.11.2015

Sourcing des talents : visez l’efficacité !10.07.2013

Vidéo. Sir Ken Robinson à l'Etudiant : "L'éducation doit permettre de développer les talents naturels"14.04.2014

C'est donc une somme de compétences ?

Le talent est une somme de compétences conscientes. Cette somme est différente pour chacun car elle n'est jamais composée de la même alliance de compétences, qui sont liées entre elles par la personnalité. Je reprends souvent l'image du collier de perles : chaque perle est une compétence et chaque homme fait son propre collier ; en le portant, il le magnifie en talent.

Les talents sont-ils différents des hauts potentiels ?

Les hauts potentiels sont ceux qui sont des talents. Ceux qui en ont sont tous les autres. Ceux qui sont des talents, on les reconnaît vite en entreprise : ils sont capables de prendre un poste à N+2 en moins de cinq ans.

Il y a deux types d'entreprises à l'égard des talents : celles qui misent uniquement sur les hauts potentiels et celles qui font des politiques de gestion de talents où tout le monde est concerné. Chez Disney par exemple, le technicien de surface qui, voyant une longue file d'attente, est capable d'orienter les clients vers un manège libre est considéré et valorisé comme un talent.

Et quelle est votre position : privilégier les hauts potentiels ou mener une politique globale de gestion des talents ?

Pour moi, il faut être dans une logique démocratique du talent. Mais vous pouvez faire les deux : vous pouvez gérer les talents pour tout le monde tout en concentrant vos outils de repérage et de développement sur vos hauts potentiels.

Il faut aider les jeunes à se penser positivement. Ils ne savent pas encore qui ils sont, il faut donc les aider à déterminer ce qu'ils aiment faire, savent faire et veulent faire.

L'enseignement supérieur a-t-il vocation à recruter des talents ?

Non, les établissements du sup ne sont pas là pour recruter des talents mais pour les développer. On ne peut pas demander à un jeune de 18 ans qui a subi un système scolaire centré sur l'acquisition de connaissances depuis plus de dix ans d'être un talent.

Alors, comment les écoles et les universités peuvent-elles former les talents ?

En s'appuyant sur trois piliers. Tout d'abord, il faut aider les jeunes à se penser positivement. Ils ne savent pas encore qui ils sont, il faut donc les aider à déterminer ce qu'ils aiment faire, ce qu'ils savent faire et ce qu'ils veulent faire. C'est le triptyque basique du développement personnel.

Ensuite, il faut offrir des connaissances. Le talent a des compétences mais il devra s'équilibrer avec des connaissances pour devenir un vrai talent accompli. Les connaissances ne sont pas utilitaires, mais elles permettront plus tard d'être créatif, par exemple. Par conséquent, les écoles qui ne font que de l'utilitaire – je pense à certaines écoles de code – ou les écoles qui ne font que de la connaissance – les cursus de philosophie – ne sont pas orientées vers un développement de talents professionnels.

Enfin, il faut permettre au jeune de se penser hors du monde qu'il connaît, hors de son pays, hors de son école, parce que demain, tout cela n'existera plus.

Si le talent se forme, sur quels critères recruter les candidats ?

Il faut recruter les jeunes sur cinq compétences clés stables : l'esprit critique, la créativité, la curiosité, le travail collaboratif et le goût d'apprendre. Les écoles doivent sentir si les jeunes ont ces appétences.

Au bout de trois ou cinq ans […], si [les anciens] ont suivi des parcours originaux et/ou qui correspondent à la spécialité de l'école, c'est qu'elle a bien recruté et bien formé.

Comment faire pour "sentir" cela ?

En privilégiant les entretiens de groupes, c'est la meilleure solution. Les candidats y sont confrontés à davantage d'aléas, d'imprévus, à des situations de conflit, et le jury voit vraiment leur personnalité. Lors des entretiens en face à face, les jurys se retrouvent face à des "acteurs" qui jouent un jeu ; les jeunes sont trop préparés à cela.

Je pense également à une façon de recruter que proposent certains établissements : ils demandent au jeune de s'exprimer sur un projet qu'il a mené, en le faisant pitcher en moins de trois minutes puis en répondant aux questions du jury. Enfin, de façon générale, la posture du jury doit être positive : il faut mettre en valeur le candidat plutôt que de le stresser et chercher à le piéger.

Dans le discours des écoles, comment distinguer démarche sincère de recherche de talents et discours marketing ?

Regardez au bout de trois ou cinq ans ce que sont devenus les anciens : s'ils ont suivi des parcours originaux et/ou qui correspondent à la spécialité de l'école, c'est qu'elle a bien recruté et bien formé. Le plus beau critère, c'est ce que disent les anciens et ce qu'ils deviennent. Si 30 % n'ont aucun emploi, c'est qu'il y a un problème.

En quoi la sélection de talents dans l'enseignement supérieur diffère-t-elle de la sélection des talents dans l'entreprise ?

Dans une entreprise, on recrute selon deux axes : les cinq compétences que j'ai citées et l'expertise. Dans une école, on ne recrute pas un profil complet : on recrute le terreau des cinq compétences dans lequel viendra pousser l'expertise.